R482 : La chargeuse ses spécificités et sa législation

Catégorisée dans le CACES® R482, la chargeuse à ses spécificités et sa législation. La chargeuse est un engin de chantier principalement utilisé pour transporter rapidement une grande quantité de matériaux, sur des travaux de terrassement notamment. Elle peut être à roues ou à chenilles, et est utilisée, en général, en complément de la minipelle.

Représentation d'une chargeuse

Les différentes chargeuses

Chargeuses à roues

Sur les chargeuses à roues, le châssis repose sur des essieux, qui sont munis de roues. Mais suivant les chargeuses à roues, le système de direction peut être différent :

  • Roues avant directrices
  • Roues arrières directrices
  • 4 roues directrices
  • direction à châssis articulé 
  • direction par ripage des roues

Chargeuses à chenilles

Sur les chargeuses à chenilles, le châssis repose sur deux trains de chenilles. La direction de la chargeuse obtenue par une action indépendante de chaque chenille, ou bien par glissement chenilles, est donc assez simple.

Chargeuses compactes

Conçue pour les travaux en espaces réduits, la chargeuse compacte dispose d’une masse opérationnelle à 4 500 kg. De plus, elle dispose de moyens augmentant la manœuvrabilité de l’engin.

Équipements et accessoires

Équipement chargeur : Actionné par des vérins hydrauliques, le chargeur est constitué de bras de levage et de biellettes. Le godet se remplit donc grâce aux mouvements simultanés de déplacement et de levage.

Accessoires : Les chargeuses peuvent être équipées de nombreux accessoires que l’on distingue en deux parties :

  • Les outils, qui ne modifient pas la fonction de l’engin. Comme par exemple les godets qui peuvent être de différente taille et de différentes formes.
  • Les équipements interchangeables, qui modifient la fonction de base de l’engin. Comme par exemple, des fourches à palettes, des pinces industrielles, une lame niveleuse ou encore une débroussailleuse.
Représentation d'une chargeuse

Causes d’accidents

Les types d’accidents

Dans 76% des cas, les accidents du travail, comprenant une chargeuse, sont mortels. Ces accidents sont principalement enregistrés sur les chantiers du BTP, dans des exploitations minières et des centrales à béton.

Parmi ces accidents : 

  • 49% concernent des personnels piéton
  • 42% concernent le conducteur

Les collisions entre une chargeuse et un piéton représentent les accidents les plus fréquents. Ils surviennent lors de la présence de personnel dans la zone d’évolution des engins et en particulier lorsqu’une tâche au sol est effectuée à proximité de la chargeuse. Mais la mauvaise visibilité, les manœuvres accidentelles ou des mouvements incontrôlés en sont les causes.

Et concernent :

  • 71% concernent une chargeuse compacte
  • 15% concernent des chargeuses compactes
  • 6% sur chenilles

Les travaux accidentogènes 

Les travaux les plus cités dans les causes d’accidents sont : 

  • La circulation et le roulage des chargeuses :
    Réalisée à vide ou en charge, ces manœuvres, généralement effectuées à vitesses élevée, sont à l’origine de pertes de contrôle ou de collisions, avec un piéton, un autre véhicule ou un édifice.
  • Le chargement ou le déchargement de matériaux :
    Ces opérations occasionnent de nombreux changements de direction (avant et arrière). Bien que effectuées à vitesse réduite, ces manœuvres sont à l’origine de nombreuses collisions, lors de manœuvres de recul.  De plus, le basculement de la chargeuse peut également être provoqué lors de manœuvre le long des talus, des berges ou des quais.

Le levage et la manutention :
L’expérience d’un bon conducteur apporte bien souvent son lot de nonchalance. Malheureusement, s’affranchir des règles de sécurité élémentaires peut avoir des conséquences dramatiques et les chiffres le prouvent !

Quelques chiffres

  • Localisation des travaux
      • 38% chantier BTP
      • 28% Carrières, centrales à béton
      • 11% Sites industriels 
      • 9% Centres de tri de déchets
      • 6% Dépôts ateliers 
      • 3% Travaux forestiers, espaces verts
      • 5% autres
  • Types de travaux
      • 43% Roulage 
      • 27% Chargement et déchargement
      • 14% Levage manutention
      • 8% Engin à l’arrêt
      • 6% Dépannage, remorquage
      • 2% Autres
  • Activité du salarié
      • 39% Conduite
      • 16% Travail au sol
      • 15% Déplacement au sol
      • 10% Guidage et élingage
      • 10% Maintenance
      • 7% Présence dans godet ou sur marchepied
      • 2% Montée ou Descente de l’engin
      • 1% Autres
  • Causes de l’accident
    • 25% Manœuvres accidentelle de l’engin
    • 24% Renversement ou basculement
    • 22% Salarié en zone dangereuse
    • 12% Mouvement incontrôlé
    • 9% Perte de contrôle de l’engin
    • 4% Mouvement incontrôlé de la charge
    • 3% Heurt d’une structure

*Chiffres basés sur l’analyse de 111 cas d’accidents mortels enregistrés entre 1984 et 2019 par Épicéa.

Cadre réglementaire

Responsabilités de l’employeur

L’employeur doit mettre à disposition de ses employés, des engins conformes. Également, il doit procéder à la vérification initiale des engins. De plus, maintenir les engins en bon état (VGP et prises de poste) doit également être priorisé. Ouvrir un registre de sécurité pour consigner les résultats des visites périodiques doit être également fait (le registre doit être tenu à disposition des membres du CSE, de la CARSAT et de l’Inspecteur du Travail). L’employeur doit aussi délivrer des autorisations de conduite, et les EPI (équipements de première intervention) pour chaque employé utilisant un engin.

Responsabilités du conducteur engins

Le conducteur d’engins doit appliquer les règles de sécurité lors de l’utilisation des engins. Il doit également maîtriser la conduite de son engin et son activité. De plus, il doit porter obligatoirement les EPI. La réalisation des entretiens de premier niveau de son engin sont aussi de sa responsabilité. Si cela n’est pas respecté, il peut être responsable pénalement en cas d’accident corporel.

Besoins pour délivrer une autorisation de conduite

Pour délivrer une autorisation de conduite, l’employé doit :

  • Être âgé d’au moins 18 ans
  • Être apte médicalement
  • Avoir suivi une formation adaptée à l’équipement concerné
  • Avoir satisfait à un contrôle des connaissances théoriques et pratiques 
  • Connaître les lieux et instructions à respecter sur les différents sites d’utilisation

Pour satisfaire les besoins de suivi de formation théoriques et pratiques, c’est là que le CACES® intervient !

Responsabilités du fabricant

Tout d’abord, il doit mettre sur le marché des appareils conformes au code du travail afin de prévenir les risques pour les utilisateurs. Pour cela il doit :

  • Rédiger une déclaration de conformité
  • Réaliser le marquage « CE » sur le matériel
  • Rédiger une notice d’utilisation en français qui indique les consignes d’utilisation de l’appareil
  • ISO 6016:2018 relatif aux engins de chantier indique la masse de l’engin avec équipement et accessoire incluant tous les fluides et le poids de l’opérateur

Vous souhaitez plus d’informations ? Nous vous accompagnons !